La thyroïde est une petite glande de 6 cm, en forme de papillon, qui pèse 10 à 25 grammes environ. Elle est située à la base du cou, à l'avant de la trachée. Par l'intermédiaire de ses hormones, elle aide à réguler de nombreuses fonctions : l'activité cérébrale, le rythme cardiaque, le transit intestinal, le métabolisme. L'hypothyroïdie tend à ralentir ces fonctions et à mettre l'organisme au repos, pouvant mener à une prise de poids.
Les symptômes à surveiller
- Agitation, nervosité, irritabilité, troubles du sommeil
- Tremblement des mains
- Amaigrissement malgré un appétit accru
- Palpitations
- Transpiration, intolérance à la chaleur, soif accrue
- Diarrhée ou fréquence des selles supérieure à la normale
- Difficulté respiratoire
- Problèmes cutanés : perte de cheveux, démangeaisons
- Modifications du cycle menstruel
- Fatigue et faiblesse musculaire
- Augmentation de volume de la glande (goitre)
Goitre ou nodule ?
Le goitre concerne toute la glande thyroïde, qui augmente de volume. Le nodule, quant à lui, se caractérise par une petite masse circonscrite sur la thyroïde — un phénomène très fréquent, en particulier chez les femmes de plus de 50 ans, généralement indolore et asymptomatique. Le goitre simple non toxique est une hypertrophie non cancéreuse de la thyroïde, sans hyperthyroïdie, hypothyroïdie ni inflammation.
Selon les données de l'Assurance Maladie pour 2010, plus de la moitié (58 %) des 35 300 thyroïdectomies réalisées en France avaient pour indication des nodules bénins. La thermo-ablation de nodule thyroïdien, option de plus en plus adoptée dans les grands hôpitaux, a fait la preuve de son efficacité : réduction de volume de 50 à 70 % et diminution des symptômes dans 80 % des cas selon les études européennes.
Les examens de la thyroïde
Un bilan sanguin permet de vérifier le taux de TSH (Thyroid Stimulating Hormone), sécrétée par l'hypophyse. Des valeurs supérieures à 4 mUI/L, avec un taux normal ou abaissé de T4 libre, orientent vers une hypothyroïdie. La T3 (triiodothyronine) est la forme active des hormones thyroïdiennes, produite à plus de 80 % par transformation de la T4 dans les tissus.
Une augmentation des anticorps anti-TPO est en faveur d'une maladie d'Hashimoto, la cause la plus fréquente d'hypothyroïdie auto-immune, caractérisée par une inflammation de la glande et des niveaux élevés d'anticorps dans le sang.
Les perturbateurs endocriniens
Environ 800 substances chimiques ont des propriétés perturbatrices endocriniennes avérées ou suspectées. Elles peuvent :
- Imiter l'action d'une hormone naturelle (effet mimétique ou agoniste)
- Empêcher une hormone de se fixer à son récepteur (effet de blocage)
- Perturber la production, la dégradation ou la régulation des hormones
- Perturber le transport d'une hormone dans l'organisme
Alimentation et thyroïde
✅ À privilégier
- Aliments BIO, locaux et de saison
- Fait maison plutôt que produits industriels
- Fruits riches en vitamine A, zinc et sélénium (mangue, fruits rouges)
- Sel marin iodé, algues en paillettes (spiruline, wakamé, fucus)
⚠️ À limiter
- Gluten et lactose en cas d'hypothyroïdie auto-immune
- Aliments ultra-transformés, sucre et graisses saturées cachés
- Crucifères en excès (choux, radis, navets)
- Patates douces, manioc, produits à base de soja en excès
Le rôle de l'iode
L'iode est nécessaire à la production des hormones thyroïdiennes T3 et T4, qui régulent le métabolisme cellulaire et contribuent à la croissance des enfants, à une fonction cognitive normale et au bon fonctionnement du système nerveux. Une carence en iode entraîne une diminution de la production d'hormones thyroïdiennes — c'est la cause la plus fréquente d'hypothyroïdie, avec pour effet visible l'augmentation de volume de la thyroïde (goitre).
Les principales sources alimentaires d'iode sont les algues, le sel iodé, les poissons marins, les mollusques, les crustacés, le jaune d'œuf et le lait. À l'inverse, un apport excessif d'iode (comme au Japon, où l'alimentation est très riche en algues) peut aussi provoquer une hypothyroïdie et un goitre — toute supplémentation doit être demandée à votre médecin.
Comment préserver sa thyroïde au quotidien ?
- Une alimentation saine et peu inflammatoire
- Un microbiote sain et équilibré
- Une bonne gestion du stress
- Un environnement le moins toxique possible
- L'élimination des infections chroniques
« Que ton aliment soit ton seul médicament » disait Hippocrate — mais pas seulement : le naturopathe est là pour vous accompagner et vous donner des outils, pas besoin d'attendre de tomber malade pour consulter.
« Opérée en décembre 2004 de plusieurs nodules bénins (goitre), j'ai subi une thyroïdectomie totale. Aujourd'hui euthyroïdienne, TSH dans les normes, j'aimerais donner espoir à ceux et celles qui sont démuni·es dans ce parcours, et mal ou peu informé·es par le corps médical. À mon époque, on pratiquait les examens sans toujours donner beaucoup d'explications. L'opération était abordée rapidement, et la réponse donnée était de retirer la totalité de la thyroïde pour épargner une seconde intervention. Ce qu'on nous dit moins facilement, c'est qu'il faut ensuite prendre un traitement à vie — un traitement vital. Jusque-là, aucune inquiétude particulière ; sauf qu'entre-temps, en 2017, le scandale du Levothyrox est passé par là. »
— Nathalie Gonzalez Chamorro